Lisbonne, 12 novembre 1935 : Egas Moniz pratique la lobotomie sur un humain

Becky et Lucy sont très agités. Après l’ablation d’une petite partie du lobe préfrontal, il n’y paraît plus. Les voilà calmés, mais pas plus bêtes. Précision qui a son importance : Becky et Lucy sont des chimpanzés. John Fulton (1899-1960) et Carlyle Jacobsen (1902-1974), de l’université de Yale, présentent ces résultats lors du deuxième congrès international de neurologie à Londres, en 1935. Le portugais Egas Moniz (1874-1955) est dans la salle.  Le voilà qui rentre à l’hôpital Santa-Marta de Lisbonne, et triture à son tour des lobes préfrontaux. Appartenant à des humains. Sur la vingtaine de patients testés, un tiers n’évoluent pas, un tiers vont mieux, un tiers sont guéris. Walter Freeman (1895-1972) va importer la méthode Etats-Unis, avec un pic à glace. Plus de 50 000 malades seront lobotomisés, dont près de 600 en France, pour tout et n’importe quoi.

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