Laurent Vercueil – Chatouilles (et autres petits tracas neurologiques)

 Ca vous grattouille, ça vous chatouille ? Ca vous démange, ça vous emporte ? Le corps a mille façons de se rappeler à notre bon souvenir, en parasitant l’instant présent de façon irrépressible. Et ce qui paraît anecdotique sur le plan physiologique nous en dit long sur notre cerveau et notre conscience. Neurologue responsable de l’unité des explorations fonctionnelles du système nerveux au CHU de Grenoble et chercheur à l’INSERM, Laurent Vercueil a publié chez Belin Chatouilles (et autres petits tracas neurologiques) dans lequel il décortique les mécanismes dont parfois on se passerait bien, mais qui ont leur raison d’être… Ou qui l’ont eue, dans le passé lointain de notre espèce.

Yves Agid et Pierre Magistretti – L’Homme glial

Le culte du neurone symbolise le déferlement des neurosciences. Et s’il s’agissait là d’une injustice ? S’il volait la vedette à d’autres cellules cérébrales tout aussi essentielles, et peut être beaucoup plus : les cellules gliales ? À quoi servent-elles exactement ? Et en les négligeant si longtemps, aurait-on fait reposer les neurosciences sur du sable ? Yves Agid et Pierre Magistretti se livrent à une défense et illustration des cellules gliales dans leur ouvrage paru chez Odile Jacob, L’Homme Glial. Le premier est professeur émérite de neurologie et de biologie cellulaire à l’université Paris-VI, membre de l’Académie des sciences et membre fondateur de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, et le second est  créateur du Département interfacultaire de neurosciences de l’université de Lausanne et de la Société suisse de neurosciences, et dirige le pôle de recherche SYNAPSY. Ensemble, nous allons parler du cerveau, mais aussi de la psychanalyse, du plan de Paris et de Richard Virenque !

Didier Pleux – Le Complexe de Thétis

Il était une fois la nymphe Thétis qui, pour rendre son fils Achille invulnérable, le plongea dans le Styx. Hélas ! La pauvre n’avait pas pensé qu’en le suspendant par le pied au-dessus de l’eau, elle laissait le talon d’Achille sans protection. C’est d’ailleurs par une blessure à cet endroit qu’il périrait un jour. Docteur en psychologie et directeur de l’Institut français de thérapie cognitive, Didier Pleux qualifie de « complexe de Thétis » la sur-protection parentale qui part d’un bon sentiment mais laisse parfois les enfants plus démunis que jamais, presque incapables de s’adapter à la réalité. I l développe ses arguments dans Le Complexe de Thétis. Se faire plaisir, apprendre à vivre (Odile Jacob), et, par la même occasion, dans ce podcast !

Emmanuelle Piquet – Comment ne pas être un prof idéal

Non content d’être efficace et bienveillant, et de ne laisser personne sur le bord du chemin, un prof idéal est aimé et respecté par ses élèves, sa hiérarchie, ses collègues, par les parents, et par lui-même. Donc, un prof idéal n’existe pas ! Sur le terrain, il faut bien composer avec les obstacles, ses imperfections, celles des élèves, et une part d’impuissance. Comment tenir le coup sans verser dans le cynisme ou l’indifférence ? Psychopraticienne et fondatrice des centres Chagrin Scolaire, Emmanuelle Piquet a publié chez Payot Comment ne pas être un prof idéal, et voici ses conseils…

A écouter aussi, un entretien précédent avec Emmanuelle pour son livre “Mon ado, ma bataille”

Jean-Claude Carrière – Du nouveau dans l’invisible

En 1988, l’écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière publiait avec les astrophysiciens Jean Audouze et Michel Cassé des Conversations sur l’invisible. Trente ans après il y a Du nouveau dans l’invisible, pour reprendre le titre de la suite publiée chez Odile Jacob. Et le nouveau, c’est qu’à l’heure de l’Intelligence Artificielle naissante, du vertige transhumaniste, et de l’exploration sans cesse plus aventureuse de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, la science n’a jamais été à ce point obligée de douter d’elle-même. Et les frontières du réel, du probable, du possible, de l’inconcevable, paraissent étonnamment floues.

Christophe Fauré – S’aimer enfin !

En apparence, il avait tout pour être heureux. C’était un psychiatre en vue, reconnu par ses patients et ses lecteurs. Et pourtant, Christophe Fauré a tout quitté pour devenir moine bouddhiste. Après deux ans d’un cheminement spirituel intense, il a repris sa carrière médicale en restant le plus discret possible sur sa quête personnelle. Une quinzaine d’années plus tard, il raconte cet épisode capital dans un témoignage, S’aimer enfin ! (Albin Michel). Et il va tout vous dire…

A écouter aussi, un entretien précédent avec Christophe pour son livre “Accompagner un proche en fin de vie”

François Jost – La Méchanceté en actes à l’ère numérique

En 1960 naissait l’ancêtre de Charlie Hebdo, Hara Kiri, auto-proclamé « journal bête et méchant ». Mais il n’était pas écrit par n’importe qui, et savait choisir ses cibles. Aujourd’hui le premier venu peut se montrer publiquement bête et méchant, dans le plus parfait anonymat, pour attaquer, diffamer, harceler la victime de son choix, parfois en meute. Dans La méchanceté en actes à l’ère numérique, publié aux éditions du CNRS, le sémiologue François Jost, professeur émérite en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne Nouvelle Paris III, analyse l’essor de la méchanceté au cours des 50 dernières années, de la presse satirique aux réseaux sociaux en passant par la télé-réalité.

Nicole Landry-Dattée – Ces enfants qui vivent le cancer d’un parent

Il est difficile de parler de la maladie grave et de la mort à sa progéniture, a fortiori lorsqu’on est personnellement concerné. Pourtant, cacher à son enfant qu’on est atteint d’un cancer lui fera toujours plus de mal que d’aborder le sujet. C’est ce qu’explique la psychanalyste Nicole Landry-Dattée, qui a fondé voici près de 25 ans le premier groupe de soutien aux enfants de parents malades, à l’hôpital Gustave-Roussy. Grâce à l’expérience acquise auprès d’un millier d’enfants, elle explique, dans Ces enfants qui vivent le cancer d’un parent, chez Erès, quand et comment évoquer en famille ce sujet tabou.

Paule Giron – Vieux et debout !

Mon invitée d’aujourd’hui, Paule Giron, a 88 ans. Ne la plaignez pas, ne l’infantilisez pas : pour elle, vieillir n’est pas une catastrophe, c’est un privilège. En tout cas, ça peut le devenir. Question de choix personnels.

Dans Vieux et debout ! paru chez In Press, cette ancienne journaliste, bénévole dans l’association Old’Up, bouleverse les tabous de la vieillesse avec franchise et vivacité, comme dans notre entretien.

Katia Ghanty – Les Frottements du coeur

Une mauvaise grippe qui dégénère en une cascade de problèmes cardiaques, et voici la comédienne Katia Ghanty hospitalisée pendant 48 jours, frôlant la mort à plusieurs reprises et obligée d’endurer une douleur inhumaine.

Ce qui l’a aidée à tenir, c’est l’écriture, sur le vif, de son journal hospitalier, publié aujourd’hui chez Carnets Nord sous le titre Les frottements du coeur. Un récit très réaliste où il est question de préserver la vie mais aussi, coûte que coûte, la JOIE de vivre.

Jacques Roisin – Dans la nuit la plus noire se cache l’humanité

Là-bas, au Rwanda, on n’en parle pas. On ne sait pas grand-chose d’eux. Ils dérangent. D’ailleurs, ils ne font pas de vagues. Et pourtant, il est réconfortant de savoir qu’ils existent : des Hutus ont sauvé des Tutsis, au péril de leur vie, en plein génocide. Jacques Roisin a rencontré 21 d’entre eux. Docteur en psychologie, psychanalyste, chargé de cours à la faculté de droit et criminologie de l’université de Louvain, il dresse le portrait de ces Justes du Rwanda dans un livre paru aux Impressions nouvelles et qui porte bien son titre : Dans la nuit la plus noire se cache l’humanité.

Boris Cyrulnik – Psychothérapie de Dieu

“Dieu ne tombe pas du Ciel”, explique le psychiatre Boris Cyrulnik. Il entend par là qu’on ne naît pas croyant, mais qu’on le devient. C’est-à-dire que la foi, la spiritualité en général, se développerait plus ou moins à mesure que, durant l’enfance, nous comprenons et nous aimons ceux qui nous entourent. Mais bien sûr, entre la foi constante et discrète, ou celle qui se cristallise autour d’une conversion brusque et imprévue, ou celle qui se nourrit de traditions éclectiques, ou encore celle du djihadiste, Dieu constitue une figure d’attachement toujours mouvante et protéiforme. Auteur de Psychothérapie de Dieu (Odile Jacob), Boris Cyrulnik nous entraîne au labyrinthe des cieux.

Anne Carol – Au pied de l’échafaud

Evidemment, évoquer la guillotine dans un podcast de développement personnel et de changement de vie, ça fait bizarre… Mais il sera bien question de psychologie, et surtout d’histoire, avec Anne Carol, professeur d’histoire contemporaine à Aix-Marseille Université et membre de l’Institut universitaire de France. Elle publie chez Belin Au pied de l’échafaud : Une histoire sensible de l’exécution. Nous allons essayer de comprendre ce que pouvaient ressentir les condamnés à mort, mais aussi le bourreau, les badauds, les journalistes… Et nous verrons comment ce rituel républicain qui se voulait hautement symbolique, s’est peu à peu transformé en vestige d’un autre âge franchement embarrassant.

Camille Emmanuelle – Sang tabou

Le phénomène concerne un être humain sur deux, tous les mois, pendant une quarantaine d’années, et personne n’en parle. Ou alors, pour raconter n’importe quoi et jeter la pierre… aux femmes. Car il s’agit des règles. Pourquoi ce silence gêné, et que faire pour que les mentalités évoluent ? La journaliste Camille Emmanuelle publie justement à la Musardine une enquête intitulée Sang tabou – Essai intime, social et culturel sur les règles. L’objectif espéré est de “ne plus jamais rougir de nos règles”. Personne n’en parle ? Parlons-en !

Nicolas Santolaria – Comment j’ai sous-traité ma vie

Imaginez un monde merveilleux où vous pourriez vous débarrasser des tâches de tous les jours qui vous agacent ou vous rendent malheureux. Un monde où des applications, des robots ou des humains pourraient non seulement faire les courses ou nettoyer mais écrire, draguer, trier vos chaussettes à votre place. Ce monde existe : c’est déjà le nôtre. Dans Comment j’ai sous-traité ma vie, paru chez Allary Editions, le journaliste Nicolas Santolaria raconte qu’en déléguant une bonne partie des corvées quotidiennes, il s’est parfois senti si obsessionnel, seul et infantilisé que le remède fut pire que le mal.