Rouen, 1857 : L’avènement de la dégénérescence

DGAu milieu du XIXe siècle le traitement moral préconisé par Pinel ne suscite plus qu’un scepticisme à peine poli. Bénédict-Augustin Morel (1809-1873), alors médecin-chef de Saint-Yon à Rouen, lui porte encore un coup terrible avec sa théorie de la dégénérescence : pour lui, la folie marque une déviation maladive de l’espèce. Frappé par le péché originel, l’homme parfait voulu par Dieu s’abâtardit, le pseudo progrès social ne faisant qu’empirer les choses avec sa cohorte d’alcoolisme, de pollution et de paupérisation. Il revient à l’aliéniste de veiller à une meilleure hygiène du corps social, non pas en prétendant soigner la dégénérescence, qui est chronique, mais en enfermant les malheureux fous, pour leur bien et celui de tous.

A lire
Bénédict-Augustin Morel. Traité des dégénérescences physiques, intellectuelles et morales de l’espèce humaine. 1857.