Jean-Christophe Seznec – Savoir se taire, savoir parler

“Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir”, disait Pierre Dac. Savoir se taire, savoir parler est justement le titre du livre publié chez InterEditions par le psychiatre Jean-Christophe Seznec, avec Laurent Carouana. Et le thème concerne non seulement les discussions de la vie quotidienne, mais aussi la cacophonie fréquente sur les réseaux sociaux, ou encore la consultation chez un professionnel de santé. Apprendre à se taire, à écouter, à parler à bon escient, ça peut faire un bien fou !

Voir aussi le site de Jean-Christophe, Le blog à palabre

Christine Ulivucci – Psychogénéalogie des lieux de vie

Nous habitons des lieux, mais l’inverse est tout aussi vrai : des endroits nous hantent, nous emplissent de nostalgie, ou sont empreints de mystère car on sait, sans les connaître, qu’ils ont occupé une place importante dans l’histoire familiale. Christine Ulivucci pratique la psychanalyse transgénérationnelle et dans Psychogénéalogie des lieux de vie, édité chez Payot, elle nous invite à explorer, en imagination mais aussi dans la vie réelle, les lieux qui ont compté pour notre famille ou nous-même. Un tel voyage peut être déterminant pour notre cheminement intérieur, et voici pourquoi.

François Maquestiaux – Psychologie de l’attention

Les recherches se multiplient, les livres aussi : l’attention est dans l’air du temps, sur fond d’inquiétudes à propos du fameux TDA/H. Beaucoup d’enfants connaissent-ils réellement des difficultés majeures pour se concentrer et faire une seule chose à la fois ? L’attention des adultes eux-mêmes est-elle fragilisée ? Et d’abord, de quelle attention parle-t-on ? Car il y en a plusieurs ! Et parler d’attention, c’est aussi aborder la conscience et la mémoire. Professeur de psychologie cognitive à l’université de Franche-Comté, François Maquestiaux publie chez De Boeck une volumineuse Psychologie de l’attention qui fait le point sur les données scientifiques.

Théa Rojzman – Emilie voit quelqu’un

« Emilie voit quelqu’un. » Mais qui ? Une psy, pardi ! Ce qui va insensiblement la transformer, tout en ayant des répercussions sur son entourage. Une psychothérapie vue de l’intérieur avec ses moments de doute, tel est l’objet de la série de romans graphiques publiés chez Fluide Glacial, dont les dessins sont signés Anne Rouquette et le scénario Théa Rojzman (par ailleurs auteure de la BD « Sur le Chesterfield de Madame la psy », dans les colonnes du Cercle Psy). Comment construit-on un scénario qui parle de psycho, avec humour qui plus est ? Allons donc visiter les coulisses.

Sagace et Monsieur Le Chien – Une vie d’échangiste

Dans Une Vie d’Echangiste, BD parue chez Carabas, Monsieur Le Chien raconte sa découverte de l’échangisme sous la houlette de son amie, Sagace.

On rit tout le temps, et on découvre un univers très différent de ce qu’on imaginait, avec ses rituels et ses règles d’or qui s’efforcent de concilier plaisir et respect.

Avec Sagace et Monsieur Le Chien, l’échangisme, c’est maintenant !

Jean-Sébastien Bérubé – Comment je ne suis pas devenu moine

Jean-Sébastien Bérubé a longtemps été tiraillé entre deux vocations : la bande dessinée, ou le retrait du monde dans un monastère bouddhiste.

Dans son roman graphique Comment je ne suis pas devenu moine, paru chez Futuropolis, il y raconte comment sa quête d’un bouddhisme idéalisé l’a conduit du Québec au Tibet, suscitant un mélange subtil de fascination et de déception à l’épreuve de la réalité. Et s’il n’est pas devenu moine, il est devenu un peu plus lui-même.

Philippe Brenot – Une histoire du sexe

Rebaptisé Une Histoire du sexe pour sa nouvelle édition parue chez les Arènes, Sex Story est un best-seller racontant en bandes dessinées la sexualité à travers les siècles. Si Laetitia Coryn en est la dessinatrice, Philippe Brenot, psychiatre, anthropologue et Directeur des enseignements de Sexologie et de Sexualité humaine à l’université Paris Descartes, en a signé le scénario. Nous allons évoquer avec lui la domination masculine immémoriale, la malédiction qui a longtemps frappé la masturbation, les liaisons dangereuses entre bordels et monastères, la transformation du sexe de Napoléon en relique, et même la sexualité sans corps qui sera peut-être celle de l’humanité du futur. L’histoire du sexe, c’est une odyssée !

Stéphane Laurens – Manipulations et influences

Et si la sorcellerie, la possession, l’hypnose, la suggestion, la propagande et la manipulation n’étaient que les diverses facettes d’un seul phénomène ? Qui plus est, d’un phénomène vide de sens, inexistant peut-être ? Et si la psychologie sociale elle-même s’épuisait à courir après des fausses pistes au lieu de se concentrer sur les influences ordinaires, bien moins spectaculaires et fantasmatiques, mais ô combien essentielles à nos interactions quotidiennes ? Telle est la thèse, pour le coup psychonoclaste, de Stéphane Laurens, professeur de psychologie sociale à l’université Rennes 2, et auteur de Manipulations et influences: Réalités et représentations à travers deux siècles d’études, aux Presses Universitaires de Rennes.

Laurent Schmitt – Le secret

Ils nous pèsent, et on ne demanderait qu’à s’en débarrasser. Ou bien ils sont notre chance et nous permettent de nous épanouir en catimini, loin des fâcheux. On est curieux de ceux des autres. On en voit partout, chez les êtres qui nous séduisent, derrière les apparences, à la source de l’univers et de la vie, et même après la mort. Je parle des secrets, qui font partie intégrante de notre quotidien. Ils intéressent au plus haut point Laurent Schmitt, professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de Rangueil de l’université Paul-Sabatier à Toulouse. Il a publié chez Odile Jacob un ouvrage intitulé, tout simplement, Le Secret, mais vous pouvez le dire à tout le monde.

Anne-France Dautheville – Et j’ai suivi le vent

Anne-France Dautheville fut la première femme à réaliser un tour du monde en moto, en 1973.

Elle raconte son périple dans Et j’ai suivi le vent, réédité chez Payot plus de quarante ans après sa sortie. Elle n’a d’ailleurs jamais cessé d’écrire, et ce n’est qu’une des nombreuses cordes à son arc. Au point que pour elle, son fameux tour du monde n’est qu’un épisode parmi tant d’autres !

Rencontre avec une septuagénaire qui n’en finit pas d’explorer la vie, et qui cultive aujourd’hui son jardin comme s’il s’agissait d’un nouveau continent.

Flavia Mannocci – Les pouvoirs de la curiosité

La curiosité est un vilain défaut, dit la sagesse populaire… qui, pour le coup, manque d’ouverture d’esprit ! La curiosité s’avère plutôt une force intérieure indispensable qui nous pousse à explorer le monde dès le berceau, à nous affirmer pendant l’adolescence, à éviter la routine délétère à l’âge adulte, et à limiter les dégâts du vieillissement, excusez du peu !

Psychologue et psychothérapeute, Flavia Mannocci exerce notamment à l’établissement public de santé Maison Blanche à Paris, elle a publié Les pouvoirs de la curiosité, chez Odile Jacob, et j’espère que vous serez curieux de l’entendre !

Demain : H + ?

Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur la psychologie, l’être humain, son cerveau, sa pensée, ses émotions, ses relations. Le temps que vous compreniez, il sera trop tard : nous serons confrontés au transhumain (symbol : H+), puis au posthumain, totalement étranger à la nature humaine, inouï, imprévisible. Non content d’échapper à la sélection naturelle, de vivre au-delà de sa période de reproduction, de vaincre bon nombre de virus, de voguer plus vite qu’un poisson, voler plus haut qu’un oiseau, l’Homme va prendre en main sa propre évolution. Il ne sera pas seulement réparé, ni augmenté, mais transcendé.

A lire
Ray Kurzweil, Terry Grossman. Serons-nous immortels ? – Oméga 3, nanotechnologie, clonage…
Miguel Nicolelis. Objectif télépathie : Tout ce que votre cerveau pourra bientôt faire sans que vous l’ayez même imaginé

Aujourd’hui, partout : L’aurore des technopsys

B-R-A-I-N : Brain Research through Advanced Innovative Neurotechnologies. Soit « recherches sur le cerveau grâce aux innovations neurotechnologiques avancées ». Parrain : Barack Obama, président des Etats-Unis. Un projet commun au NIH (Institut national de la santé), à la DARPA (département de la défense), la NSF (fondation nationale pour la science), et des organismes privés. Objectif : produire l’image en temps réel de centaines de milliers de neurones connectés (encore 80 à 100 000 milliards, et on verra le bout pour simuler un cerveau humain vivant…). De leur côté, le Human Connectome Project et le Human Brain Project européens visent la création d’un cerveau artificiel sur lequel explorer des simulations de symptômes ou de fonctionnement « normal » alternatif. Bon courage.

A lire
Jérôme Brunelin, André Galinowski, Dominique Januel, Emmanuel Poulet (Dir.). Stimulation magnétique transcrânienne : Principes et applications en psychiatrie
Laurent Alexandre. La mort de la mort

Charlottesville, 2015 : Le Reproducibility Project

En 2012, on frissonne : Brian Nosek, professeur de psychologie à l’université de Virginie, annonce qu’il va coordonner la réplication de 100 expériences dont les résultats ont été publiés en 2008, dans trois revues de psychologie sociale et cognitive à comité de lecture. Après trois ans de travaux menés par 270 chercheurs volontaires, le verdict est peu glorieux : 61 % des expériences n’ont pas confirmé leurs résultats. En tout cas, pas de façon aussi nette que l’établissaient les psychologues d’origine, pourtant consultés lors des réplications pour s’assurer que leurs hypothèses et protocoles étaient bien respectés. Une telle marge d’erreur humaine fait désordre. La course à la publication dans des revues prestigieuses garantissant un maximum de citations dans des articles ultérieurs, a-t-elle faussé le système ?

A lire
Pascal Pansu, Nicole Dubois, Jean-Léon Beauvois. Dis-moi qui te cite, et je saurai ce que tu vaux : Que mesure vraiment la bibliométrie ?

Paris, 2014 : La fierté des fous

Etouffée, valorisée, sacralisée au fil des contextes, la parole des malades a toujours constitué un enjeu majeur des débats psychiatriques. Avec les mass media et particulièrement l’expansion fulgurante d’Internet, elle s’exprime avec une ampleur, une qualité et une exigence revendicative telles que le modèle paternaliste du bon médecin éclairé guidant l’égaré à travers les brumes de la folie a tout à fait volé en éclats. Et non plus tamisée, reformulée, interprétée ou instrumentalisée par des psys, des intellectuels ou des politiques, mais directe et foisonnante. Qui l’eût cru ? Le malade est devenu expert. Il entend expliquer ce qu’il vit, participer aux recherches, juger les traitements qui lui sont appliqués, lutter contre toute forme de stigmatisation, et parfois refuser qu’on le considère comme souffrant. Depuis 2014 il existe même une Mad Pride française, sur le modèle de la Gay Pride, pour déstigmatiser les malades.

A lire
« La parole aux patients ! » Le Cercle Psy, hors-série n°3, 2014.